Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'oeil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?
Jacques Prévert
Paroles
par balaline
publié dans :
Les poètes
11
recommander
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chemin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un coeur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager.
Paul Eluard
Derniers poèmes d'amour
par balaline
publié dans :
Les poètes
19
recommander
Clair et léger est l'arbre dans l'air.
Et pourquoi au plus profond du coeur
Sa beauté nous touche, tu ne le sais pas
Nous ne le savons pas,
L'olivier ne le sait pas .
Fines feuilles, maigres rameaux, troncs creux
Racines tordues, fruit petit,
Et voici qu'un Dieu ineffable
Resplendit dans sa pâleur.
Gabriele D' Annunzio
par balaline
publié dans :
Les poètes
16
recommander
Je te l'ai dit pour les nuages
Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l'oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.
Paul Eluard
par balaline
publié dans :
Les poètes
18
recommander
Il était un grand nombre de fois
Un homme qui aimait une femme
Il était un grand nombre de fois
Une femme qui aimait un homme
Il était un grand nombre de fois
Une femme et un homme
Qui n'aimaient pas celui et celle
qui les aimaient.
Il était une fois
Une seule fois peut-être
Une femme et un homme qui s'aimaient
Robert Desnos
par balaline
publié dans :
Les poètes
20
recommander
Si je te parle c'est pour mieux t'entendre
Si je t'entends je suis sûr de comprendre
Si tu souris c'est pour mieux m'envahir
Si tu souris je vois le monde entier
Si je t'étreins c'est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir
Si je te quitte nous nous souviendrons
Et nous quittant nous nous retrouverons.
Paul Eluard Derniers poèmes d'amour
par balaline
publié dans :
Les poètes
15
recommander
Je suis en partance
Aux jours de l'exil
Aucune importance
Je tiens le bon fil
J'ai lu le grand Meaulnes
Je dors si je veux
Mes doigts restent jaunes
Et noirs mes cheveux
Dehors me murmure
A travers le toit
Et chaque voiture
Va passant pour moi
Comme en ta couchette
Rêvant sur le bois
M'abreuve en cachette
A l'eau que tu bois
Et si j'en ai marre
Plein mon cendrier
J'ajoute une barre
Au calendrier
Albertine Sarrazin Amiens ,1958
par balaline
publié dans :
Les poètes
20
recommander
Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement
Pierre Reverdy La liberté des mers
par balaline
publié dans :
Les poètes
20
recommander
Tout passe
et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer
Voyageur, le chemin
C'est les traces
de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n' y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier
Que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur ! Il n' y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer
Antonio Machado
par balaline
publié dans :
Les poètes
17
recommander
La vie, c'est comme une dent
D'abord on y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ca vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie
Boris Vian
par balaline
publié dans :
Les poètes
25
recommander
Derniers Commentaires