Elle marche à petits pas. Le froid vient de mordiller son rêve mais elle tient bon.
De longues échappées de brume blanche enveloppent ces instants feutrés.
Nina a retrouvé le goût du bonheur.
Des myriades de lueurs dorées envahissent son ciel quotidien.
Elles se sont posées un beau matin sur la tendresse d'un ciel d'amour.
Il suffit juste de tendre la main et le rêve est à portée:
quelques brins de joie à cueillir pour illuminer ses vieux jours.
Quand on a quatre-vingt-cinq printemps, le temps presse.
Chaque silence devient espérance, chaque attente devient certitude.
Elle marche à petits pas mais son coeur bat la chamade.
Son vieil amour vient de renaître, plus léger sans doute mais bien plus fort.
Désormais le ciel du silence s'est peuplé des couleurs de l'attente.
Il y a tant derrière le rideau de givre, plus que la vie, la route vers l'éternité !
Balaline